Instantanés

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Voyage en Cappadoce

 

La Cappadoce : un musée à ciel ouvert...

 

Ce que l'homme n'a pas fait, la nature, en Cappadoce, s'en est merveilleusement chargée. Le sol de son plateau est constitué d'un terrain volcanique très tendre et très léger, le tuf. Le résultat d'intenses érosions a donné un paysage singulier et quasi irréel. Évasion dans un paradis aux allures extraterrestres. En apesanteur.

 

Pour arriver en Cappadoce la magnifique, le voyage se fait via Istanbul en comptant deux heures de vol avant d'atterrir sur l'aéroport de Kayseri. La ville d'Ûrgûp est le compromis idéal (calme garanti) pour s'y poser l'espace de six jours et découvrir la Cappadoce en rayonnant dans les environs avec véhicule, guide et chauffeur, sur un programme taillé sur mesure que la maison propose à ses clients. Il faut compter une cinquantaine d'euros/jour en moyenne selon le circuit choisi pour entamer la découverte de la Cappadoce et ses sites féeriques.

 

 

Jour 1 : randonnée dans la « rose and red valley », Zelve et Avanos

 

Pour se hisser au sommet de ces montagnes d'un autre monde et les escalader confortablement, il est impératif d'emporter de bonnes chaussures de marche sinon de méchants dérapages pourraient être au rendez-vous !

Dans les dédales parsemés de cônes surnommés à juste titre « cheminées de fées », parfois isolés, accrochés au flanc d'une colline, ou serrés les uns contre les autres, offrant un spectacle de sol lunaire dans le fond des vallées, le paysage change au gré des caprices de la lumière.

Au lever du soleil, la roche s'habille d'une teinte rougeâtre que le soleil blanchit plus tard en journée pour la couvrir ensuite des tonalités roses, ocres ou mordorées du coucher. Les célèbres pigeonniers de Cappadoce accompagnent la promenade et se trouvent un peu partout -même dans les églises rebaptisées royaume du meilleur engrais- puisque la fiente des pigeons représentait sa contrepartie en or de ceux qui les logeaient sous l'Empire ottoman. Les paysans de Cappadoce pensent que les pigeons sont les seuls oiseaux à discerner les couleurs, et les motifs qui ornent les pigeonniers ne sont pas seulement décoratifs mais ils ont aussi pour but de les attirer !  Les randonnés restent une des meilleures façons de découvrir la Cappadoce avec ses paysages uniques et insoupçonnables si l'on se contente de suivre la route goudronnée.

Une première journée de marche et de familiarisation avec cet environnement insolite non sans avoir assisté, à l'arrivée la veille et pris en charge par le guide, au coucher du soleil du haut d'un stratégique point de mire sur un  panorama à couper le souffle.

 

 

 

 

 

Jour 2 : Gûzelôz,  Soganli  et Derviches tourneurs en soirée

 

Un programme plus « soft » pour le J2 en Cappadoce après la longue marche de la veille consacrée à se déplacer en voiture, en compagnie du guide et visiter des églises -la Cappadoce est fière d'en regorger à souhait (400), sauf que peu d'entre elles sont « visitables » et ont survécu à l'outrage du temps et des civilisations hostiles aux fresques chrétiennes- L'intérêt de ces églises, taillées dans la roche, tient autant à l'originalité de leur construction qu'à celle de leurs fresques. Certaines ne comportent que des dessins au trait représentant de simples croix ou arabesques : en effet, comme tout l'Empire byzantin, la Cappadoce connut, entre 736 et 843, une période iconoclaste à la fin de laquelle les peintures murales revinrent massivement. Mais de nombreux visages furent ensuite détruits par les musulmans lorsque l'islam triompha…

Pause déjeuner tardif à Soganli, village réputé pour ses poupées cousues main et ses écharpes chatoyantes suivie d'un retour vers Ûrgûp avec arrêt sur image du côté des « three beauty » (les trois beautés), monuments sublimes de jour comme de nuit et qui se laissent admirer inlassablement.

Au programme de la soirée post dîner, les derviches tourneurs absolument remarquables dans leur performance ; des derviches vrai de vrai qui n'ont rien à voir avec ce qu'on donne à voir généralement aux touristes. Un ravissement visuel et sonore pour une chorégraphie  très bien orchestrée, entre art et recueillement religieux.

 

 

 

 

Jour 3 : Montgolfière, le palais d' Uchisar et Mustafapasa

 

Assister au lever du soleil sur la Cappadoce en « balloon » surnom donné par les autochtones à la montgolfière est certainement un souvenir impérissable et une expérience dopée à l'adrénaline ! (Compter 125 euros par personne pour 1 heure de balade). Le départ a lieu à l'aube et le vol fait découvrir, dans la lumière orange du petit matin, des paysages magiques. Selon la direction du vent, certains sites sont survolés comme les vallées inaccessibles parsemées de cheminées de fée…Sensations fortes garanties lorsque le pilote effleure de très près un rocher troglodyte avant de mettre le plein gaz et reprendre les airs…À l'atterrissage, bouteille  de champagne pour fêter ce baptême de l'air et certificat à votre nom remis cérémonieusement. Sans doute, un des meilleurs souvenirs du voyage ! Les effets du réveil à 4h30 du mat se faisant sentir, petite sieste avant d'entamer la journée de découvertes.

Cap sur le village d'Uchisar qui se distingue de loin, avec son piton de tuf dont les parties sont comme criblées par plusieurs centaines de cavité. Cette citadelle naturelle, plantée au milieu d'un paysage lunaire, apparaît comme une gigantesque météorite tombée du ciel depuis des millénaires. Ce rocher, symbole de la région et que reproduisent toutes les pubs, se présente comme un immense château tout droit sorti de l'imagination d'un architecte surréaliste ! Les méfaits du temps ont rendu l'ensemble encore plus fantastique.

Mustafapasa est un village de charme encore épargné par le tourisme de masse. Appelé Sinasos  il était habité par les grecs jusqu'en 1924 où les Turcs balkaniques sont venus s'installer dans les très belles maisons hautes en couleurs et dont les portes renvoient à celles, très coquettes et chaleureuses, des îles grecques et de la Crête.

 

 

 

 

 

Jour 4 : Le musée en plein air de Göreme et randonnée dans la « love valley »

 

Le musée en plein air de Göreme regroupe plusieurs églises rupestres parmi les mieux conservées de la région (photo avec flash interdites à l'intérieur comme pour toutes les églises de Cappadoce). Le couvent des nonnes, la chapelle Saint-Basile, l'église à la pomme  (l'une des plus intéressantes est construite au sommet de la falaise. On y retrouve des motifs géométriques à peinture rouge, mais également de nombreuses scènes religieuses tapissant les coupoles et les voûtes), l'église Sainte-Barbe, l'église du serpent, Le cellier, la cuisine et le réfectoire, l'Église sombre, l'église à la Sandale et l'église à la Boucle sont à visiter rapidement en suivant la circulation sur le site. On y rencontre de nombreux pèlerins venus des quatre coins du monde célébrer le berceau de la chrétienté en chantant des prières.

 Pour visiter l'étonnante Église El-Nazar 5000 YTL (Turkish Lira) supplémentaires sont demandées par personne sans doute pour éviter l'usure de ses fresques fraîchement restaurées. Des peintures, notamment des portraits de saints et du Christ, du XIe siècle sont données à voir. Autrefois ouverte aux quatre vents, elle vient de retrouver son aspect d'origine.

Pause déjeuner avant d'entamer une randonnée vers la « love valley » ainsi surnommée parce que les formes environnantes sont jumelles de l'obélisque de la Place de la Concorde ou autres symboles phalliques que nous suggérons sans pour autant… les citer. Vous l'aurez donc compris,   « zizis valley » serait beaucoup plus adaptés comme surnom !

Au retour, passage par une fabrique d'onyx et une immense usine à exposer les pierres semi précieuses proposées à la vente en principe au prix de gros mais loin de là…ce qui est proposé par les échoppes en ville reste, de loin, beaucoup moins cher, alors méfiez-vous des « factories » !

 

Jour 5 : Kaymakli la ville souterraine,  Ihlara la magnifique et le Karvanseray

 

 

Sous le village encore habité de Kaymakli se trouve une ville souterraine composée de 10 étages dont huit seulement peuvent etre visités. La ville comporte des pièces d'habitation, des etables, des eglises, des pressoirs et des magasins d'alimentation. Toutes ces constructions rupestres sont desservies par un réseau de couloirs, souvent bas et étroits, et sont ventilées par une cheminée d'aération très efficace qui permettait aux habitants de survivre lorsque des attaquants cherchaient à les asphyxier en les enfumant.

 

Ihlara est une magnifique vallée dans un profond canyon taillé par la nature dans le tuf, à la suite d'éruptions volcaniques. Au fond, entre deux rives couvertes de peupliers, coule le Melendiz, une rivière qui descend du massif du même nom, dominé par le volcan de Hassan Dag (3268 m) qui mérite bien son appellation de « montagne Fière ». Une randonnée gorgée de végétations abondantes, d'où émergent ça et là des églises peintes clôturée par un déjeuner dans un restaurant flottant, pieds dans l'eau !

Départ en voiture direction le Karavanseray, monument du XIIIe siècle au portail superbe, avec, au dessus, une petite mosquée. Dans la grande cour, des alvéoles régulières abritaient chameaux et chevaux, tandis que les hommes dormaient dans la grande salle du fond.

Retour au point de départ de ce magnifique voyage, c'est-à-dire  à Ürgüp pour une dernière nuit avant de reprendre l'avion pour Beyrouth, et pour que le programme finisse sur une note à la Bunuel, rien de tel qu'un bon hammam détendant (mixte, eh oui !) pour que le corps s'élève au niveau de l'esprit qui a capté tant de merveilles !

 



17/10/2007
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